Jacques Perconte

SALAMMBÔ

+ Othman Louati

du 28 juin au 2 juillet

À la (re) découverte de Flaubert, j’ai plongé dans Salammbô. La rencontre a effacé presque immédiatement toutes les autres pistes de travail que j’avais pu élaborer. D’abord la richesse plastique du texte m’a saisi. Puis, en le lisant à voix haute, je me suis rendu compte de l’immense pouvoir poétique de ses mots et plus particulièrement de ses incroyables descriptions. Cela m’est apparu comme le moyen évident de me jouer de la douceur de mes images en les prenant dans un dispositif mystérieux. J’ai vu les délicats paysages normands, leurs forces esquissées dans la photographie ralentie de mon cinéma et dans la matière de mes compressions, les vibrations tourmentées d’une musique théâtrale et lancinante pour encadrer ces tableaux descriptifs de Flaubert, où saleté, chaleur et violence sont sublimés. J’ai vu ces moyens comme une piste éventuelle à renouveler mes images. Bien sûr, je fais d’une certaine manière tout le temps la même chose. Je n’ai pas d’autre ambition à cet endroit de ma pratique que de surprendre la vision, de travailler ce flux d’images et de sons pour conduire le spectateur dans une expérience physique de la perception. Salammbô n’est pas la Normandie. Ce projet n’est pas une adaptation. C’est une aventure de collages, de mélanges. La prise, la dilution où l’abstraction se tient face à la désillusion fait glisser les mondes les uns contre les autres. Très loin de l’illustration, l’image, le texte et la musique travaillent ensemble quelque chose qui nait dans l’expérience de sa perception. 

Ce Salammbô est un jeu alchimique entre mes images, la musique d’Othman Louati vibrante dans la trompette de Noé Nillni et le texte de Flaubert dans la voix de Julien Ribeil. 

Jacques Perconte

https://www.jacquesperconte.com/

à déterminer