Colloque | Journée 2
Mardi 14 mai 2024

Machination

© Thierry Fournier

Colloque international organisé par l'ésam Caen/Cherbourg (Laboratoire Modulaire), en collaboration avec l'Université Paul-Valéry Montpellier 3 (RIRRA21). Dans le cadre du Millénaire de Caen 2025.

Mardi 14 mai 2024 · 9h - 15h30

9h - 15h30

MACHINATION

Fondées sur le codage, l’automation, la simulation, les technologies numériques participent autant d’une « compression de l’espace-temps » (Harvey, 1989), que d’une dislocation de l’espace, dans laquelle le simultané, le juxtaposé, le proche, le lointain se superposent (Foucault, [1967] 2004 : 12). Par quels dispositifs machiniques se matérialise cet « espace des flux », tel que l’a défini Manuel Castells ? L’espace des flux « relie des lieux distants autour de fonctions et de significations partagées sur la base de circuits électroniques et de corridors de transport rapide, tout en isolant et en soumettant la logique de l’expérience incarnée dans l’espace des lieux » (Castells, 2001 : 155). Comment les œuvres numériques rendent-elles compte de cette dynamique paradoxale ? L’ancien cyberespace et l’actuel (ou le potentiel) métavers en sont-ils les manifestations les plus symptomatiques ? Comment, en façonnant de nouvelles corporéités et imaginations spatiales, les espaces virtuels éprouvent-ils notre « espace subjectif » (corporel) au sens phénoménologique ? Nous plongent-ils dans « un espace critique » où « la limitation de l’espace devient une commutation (…), activités d’échanges incessants, transferts entre deux milieux, deux substances » (Virilio, 1984 : 18), ou nous font-il expérimenter un « entr’espace » « articulant l’espace solide (…) avec des spatialités fluides » (Moujan, 2013 : 210) ? Plus largement, quels nouveaux agencements interfacés entre l’homme, la machine et le monde émergent de ces conduites créatrices qui questionnent le numérique ?

PROGRAMME DE LA JOURNÉE · Les écuries Lorge
09h > accueil café
09h30 > Thierry Fournier · Cacher pour montrer – L’effacement comme opération critique
10h05 > Ludmila Postel · La déambulation dans les univers virtuels – Le son au cœur de la perception
10h40 > Pause
11h00 > Marc Ries · Personne n’existe. Et alors ? : autour des relations spatiales, topologiques et imaginaires du portrait
11h35 > Vincent Ciciliato · Espaces simulés et effet miniature
14h > Table ronde 2 « Exposer l’immersif » Modérateur : Luc Brou avec Martina Stella · Faire espace » par le support dans le mapping vidéo, Xavier Maitre · Une scène immersive et interactive à 360° pour de nouvelles expériences spatio-temporelles collectives, Vincent Ciciliato, Sarah Arnaud / Tchikiboum (sous réserves)
15h10 : Présentation projet de recherche Franco-argentin avec Diego Jarak · création en 3 ans d’une plateforme internationale de ressources et de curation en arts et sciences.
15h30 > Visite libre des expositions ]interstice[
20h30 > Soirée Label CC- ésam · Bubu Pagier & Hubert Michel | Céleste Gatier

Programme complet à télécharger ici.


Digital technology, which is rooted in coding, automation and simulation, contributes to both “time-space compression” (Harvey, 1989) and a dislocation of space in which the simultaneous, juxtaposed, near, and far are superimposed (Foucault, [1967] 2004: 12). Through what machinic devices does this “space of flows,” as defined by Manuel Castells, materialize? The space of flows “links up distant locales around shared functions and meanings on the basis of electronic circuits and fast transportation corridors, while isolating and subduing the logic of experience embodied in the space of places” (Castells,2001:155). How do digital works grapple with this paradoxical dynamic? Are the old cyberspace and the current (or potential) metaverse the most symptomatic manifestations? How, in shaping new corporealities and spatial imaginations, do virtual spaces challenge our “subjective space” (corporal) in the phenomenological sense? Are they leading us into a “critical space” in which “the limitation of space becomes a commutation […], constant activity of exchanges and transfers between two environments, two substances” (Virilio,1984:18), or leading us to experiment with an “interspace” which connects “solid space […] with fluid spatialities” Moujan, 2013: 210)? More broadly, what new interfaced assemblages between humans, machines and the world are emerging from these creative conduits that question digital technology?

Bibliothèque Alexis de Tocqueville12